Étude géotechnique : les missions G1 à G5 expliquées
On vous parle d’étude de sol, d’étude géotechnique des sols, de mission G2 ou de diagnostic géotechnique, et ces sigles paraissent interchangeables. Ils ne le sont pas : la norme NF P 94-500 définit cinq missions distinctes, qui ne répondent ni à la même question, ni au même moment de la vie d’un bâtiment. Commander la mauvaise, c’est payer une étude qui ne répondra pas à votre problème. Ce guide explique à quoi sert chaque mission, laquelle vous concerne selon votre situation, qui la commande et ce qu’elle coûte, en Île-de-France, dans le Loiret et l’Eure-et-Loir.
Les cinq missions en un tableau
| Mission | Nom | Quand | Ce qu’elle produit |
|---|---|---|---|
| G1 | Étude géotechnique préalable | avant le projet, à la vente d’un terrain | identification des risques du site, principes généraux |
| G2 | Étude géotechnique de conception | projet défini, avant travaux | dimensionnement des fondations (phases AVP, PRO, DCE/ACT) |
| G3 | Étude et suivi géotechniques d’exécution | pendant les travaux, côté entreprise | notes de calcul d’exécution, suivi du chantier |
| G4 | Supervision géotechnique d’exécution | pendant les travaux, côté maîtrise d’œuvre | contrôle des études et de l’exécution du G3 |
| G5 | Diagnostic géotechnique | ouvrage existant, désordres constatés | cause des désordres, préconisations de reprise |
La logique d’ensemble : G1 et G2 préparent, G3 et G4 accompagnent la construction, G5 diagnostique l’existant. Une maison qui fissure relève de la G5 pour le diagnostic ; les autres missions ne reviennent dans le jeu que si des travaux de reprise sont ensuite conçus et exécutés.
G1 : l’étude préalable du terrain
La mission G1 s’intéresse au terrain, pas encore au bâtiment. Elle établit un modèle géologique du site, identifie les aléas (argiles gonflantes, remblais, nappe, cavités) et énonce des principes généraux de construction. Elle ne dimensionne rien : ce n’est pas son rôle.
C’est la mission rendue obligatoire depuis le 1er octobre 2020 par la loi ELAN à la vente d’un terrain non bâti constructible situé en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. Fournie par le vendeur, elle est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique ; elle suit le terrain et reste valable trente ans si le site n’est pas modifié.
Le volet le moins connu concerne la suite : le constructeur qui bâtit sur ce terrain doit soit faire réaliser une étude G2, soit appliquer les techniques particulières de construction fixées par arrêté. L’obligation ne s’arrête donc pas à la vente.
G2 : la conception du projet
La G2 arrive quand le projet est défini : elle dimensionne les fondations de ce bâtiment-là, sur ce terrain-là. Elle se décline en trois phases, avant-projet, projet, puis assistance aux contrats de travaux, et c’est elle qui écrit les hypothèses que l’entreprise devra respecter.
Pour un particulier qui fait construire, c’est la mission qui protège vraiment : une G1 seule dit que le sol est argileux, la G2 dit à quelle profondeur ancrer et avec quelles dispositions constructives.
G3 et G4 : pendant les travaux
Ces deux missions se répondent. La G3 est à la charge de l’entreprise qui exécute, qui la confie à un géotechnicien : celui-ci produit les notes de calcul d’exécution et suit le comportement du sol pendant le chantier. La G4 est portée par la maîtrise d’œuvre ou le maître d’ouvrage : elle supervise et vérifie la G3.
Sur une maison individuelle, elles n’apparaissent que pour des reprises lourdes ou des configurations délicates. Elles sont en revanche la règle sur les ouvrages importants.
Des fissures et un doute sur la mission à commander ?
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Demander mon diagnostic gratuitG5 : le diagnostic géotechnique d’un ouvrage existant
La mission G5 se situe hors de l’enchaînement G1 à G4 : c’est celle qu’on mobilise sur un ouvrage déjà construit, sur un élément géotechnique précis, des fondations qui tassent, un dallage qui se déforme, et répond à trois questions : que se passe-t-il sous l’ouvrage, pourquoi les désordres apparaissent, et que faire pour les arrêter.
C’est donc la mission des maisons fissurées, et celle que réclament les expertises d’assurance après un sinistre sécheresse. Notre guide de l’étude de sol G5 détaille son déroulé, et celui de la lecture du rapport vous aide à l’exploiter une fois reçu.
Ce qu’on voit arriver dans les dossiers
Trois confusions reviennent si souvent qu’elles méritent d’être nommées. La G1 de vente brandie comme diagnostic : le propriétaire d’une maison fissurée exhibe l’étude annexée à l’achat de son terrain, qui décrit le sol mais ne dit rien de ses fondations ni de ses désordres. La G5 commandée à contretemps, alors que l’assureur a déjà mandaté son propre bureau d’études dans le cadre du sinistre : deux études, une seule utile. Et la G2 oubliée après une G1 de vente, sur des maisons construites depuis, dont les fondations n’ont jamais été dimensionnées pour l’argile du terrain.
Le réflexe qui évite les trois : demander à quoi servira l’étude avant de la commander, et à qui elle sera opposable.
Laquelle vous concerne ?
- Vous vendez un terrain constructible en zone argileuse : G1, obligation légale du vendeur.
- Vous faites construire : G1 puis G2. Ne pas se contenter de la G1 du vendeur, elle ne dimensionne pas votre maison.
- Votre maison fissure, ou l’assurance demande une étude après sinistre : G5. Notre guide de l’affaissement de terrain aide à qualifier les signes en amont.
- Vous achetez une maison sur sol argileux : demandez si une étude existe, et laquelle. Une G1 de terrain ne renseigne pas sur l’état des fondations bâties dessus.
- L’assurance a mandaté son bureau d’études après un sinistre : n’en commandez pas une seconde avant d’avoir lu la première.
- Vous engagez une reprise en sous-œuvre lourde : G5 pour le diagnostic, puis selon l’ampleur une G2 de conception et une G4 de supervision.
Qui la commande, et à quel prix
La mission est confiée à un bureau d’études géotechnique, indépendant de l’entreprise de travaux. Cette indépendance n’est pas un détail : elle garantit que les préconisations ne sont pas écrites par celui qui vendra le chantier. Nous travaillons systématiquement à partir de leurs rapports, sans les rédiger.
Côté budget, à titre indicatif pour une maison individuelle : une G5 de diagnostic se situe le plus souvent entre 1 000 et 2 500 €, une G1 de terrain le plus souvent entre 800 et 1 500 €, une G2 de conception au-dessus selon la complexité du projet. Dans un dossier de catastrophe naturelle reconnu, la prise en charge de l’étude par l’assurance se discute avec l’expert.
Un dernier repère utile : le coût d’une étude est sans commune mesure avec celui d’une reprise mal dimensionnée. Vous ne savez pas quelle mission commander en Île-de-France, dans le Loiret ou l’Eure-et-Loir ? Contactez Arcey Construction : nous vous orientons vers la bonne étude et chiffrons ensuite les travaux sur ses conclusions, du renforcement de fondations au traitement des fissures.
Questions fréquentes
La G1 fournie par le vendeur suffit-elle pour construire ? +
Quelle différence entre une étude de sol G1 et une G2 ? +
L'étude de sol est-elle obligatoire pour vendre un terrain ? +
Combien coûte une étude géotechnique G1 ou G2 ? +
Sources et références
Un projet ou un sinistre ?
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