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Fissures en copropriété : qui paie, qui décide ?

· Par Arcey Construction
Mur de sous-sol d'immeuble ancien parcouru de fissures

Des fissures apparaissent sur la façade de l’immeuble, dans la cage d’escalier ou au plafond de votre appartement, et la question fuse aussitôt : qui doit s’en occuper, et qui va payer ? En copropriété, la réponse dépend d’une distinction que beaucoup découvrent à cette occasion, celle des parties communes et des parties privatives, et d’un circuit de décision qui passe par le syndic et l’assemblée générale. Ce guide démêle les responsabilités, le rôle de chacun et les cas où l’assurance paie, en Île-de-France, dans le Loiret et l’Eure-et-Loir.

Parties communes ou privatives : la question qui décide de tout

En copropriété, chaque désordre se rattache à l’une des deux catégories définies par le règlement de copropriété. Les parties communes comprennent en général le gros œuvre : fondations, murs porteurs, façades, toiture, cages d’escalier, sous-sols et parkings communs. Les parties privatives couvrent l’intérieur de chaque lot : cloisons, plâtres, revêtements.

Or les fissures qui inquiètent, celles qui traduisent un mouvement du bâtiment, concernent presque toujours le gros œuvre. Une fissure en escalier sur la façade, une lézarde dans un mur porteur ou un mur de sous-sol fissuré relèvent des parties communes, même si elles se voient depuis un appartement. À l’inverse, une fissure fine limitée au doublage ou à l’enduit intérieur d’un lot reste l’affaire du copropriétaire. Dans les cas ambigus, une fissure qui traverse un mur séparatif entre un lot et une partie commune par exemple, c’est le règlement de copropriété qui tranche, et au besoin un diagnostic technique qui établit l’origine.

Qui décide des travaux : syndic ou assemblée générale ?

Le circuit de décision suit la gravité. Pour les travaux courants de réparation des parties communes, c’est l’assemblée générale qui vote, sur la base de devis mis en concurrence. Les travaux d’entretien et de conservation, la réparation de fissures en fait partie, relèvent de la majorité simple de l’article 24 de la loi de 1965 (majorité des voix exprimées des copropriétaires présents et représentés) ; certains travaux d’amélioration ou touchant aux parties privatives passent en article 25. Le syndic exécute ensuite la décision et suit le chantier.

Pour les urgences, le législateur a prévu l’exception qui sauve les immeubles : le syndic peut, et doit, faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, mesures conservatoires en tête (étaiement, mise en sécurité, bâchage), à charge pour lui d’en informer les copropriétaires et de convoquer une assemblée. Une fissure structurelle qui évolue vite entre dans ce cadre : l’attentisme n’est pas une option, ni juridiquement ni techniquement.

Entre les deux, le bon réflexe est le diagnostic précoce : faire qualifier les fissures (largeur, évolution, origine) avant l’AG, pour que les copropriétaires votent sur des faits, pas sur des inquiétudes. Nos repères pour reconnaître une fissure dangereuse donnent une première grille de lecture.

Qui paie quoi ?

Pour les parties communes, le coût des travaux se répartit entre tous les copropriétaires, au prorata des tantièmes, comme les autres charges. Un ravalement avec traitement des fissures, une reprise de maçonnerie ou un renforcement de fondations se votent et se financent ainsi, avec possibilité d’échelonnement selon les décisions de l’AG.

Pour les parties privatives, chaque copropriétaire assume les réparations de son lot, avec une exception qui compte : quand les fissures intérieures d’un appartement sont la conséquence d’un désordre des parties communes, le syndicat des copropriétaires est responsable de plein droit des dommages causés aux lots par un vice de construction ou un défaut d’entretien des parties communes (article 14 de la loi de 1965). Le copropriétaire touché peut donc demander au syndicat la prise en charge de ses reprises intérieures, en plus du traitement de la cause. C’est précisément ce que le diagnostic doit établir : l’origine.

Côté financement, les copropriétés disposent depuis la loi ALUR d’un fonds de travaux obligatoire, alimenté chaque année, qui peut être mobilisé pour ces chantiers ; l’AG peut aussi voter des appels de fonds dédiés, avec échelonnement.

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Fissures de sécheresse : la catastrophe naturelle en copropriété

Les immeubles aussi subissent le retrait-gonflement des argiles, et le mécanisme d’indemnisation est le même que pour une maison : si la commune est reconnue en état de catastrophe naturelle et que l’expertise établit le lien entre la sécheresse et les désordres, l’assurance de l’immeuble prend en charge les réparations des parties communes, après la franchise légale. Le parcours complet est détaillé dans notre guide des fissures de sécheresse et de la catastrophe naturelle.

Particularité copro : la déclaration est double. C’est le syndic qui déclare le sinistre des parties communes à l’assurance de l’immeuble, dans les 30 jours suivant la publication de l’arrêté ; et chaque copropriétaire déclare ses dommages privatifs (fissures intérieures de son lot) à sa propre assurance habitation, dans le même délai. D’où l’importance, pour les copropriétaires, de signaler par écrit les fissures dès leur apparition, photos datées à l’appui : ces signalements font la matière du dossier, et un syndic ne peut pas déclarer ce qu’il ignore.

Immeuble récent : penser à la décennale

Si l’immeuble, ou sa dernière rénovation lourde, a moins de dix ans, les fissures structurelles peuvent relever de la garantie décennale du constructeur plutôt que des charges de copropriété. Le syndic mobilise alors l’assurance dommages-ouvrage de l’opération si elle existe, ou la décennale des entreprises. À l’approche des dix ans, l’audit de fin de décennale est d’ailleurs une pratique installée en copropriété : inspecter l’immeuble la 8e ou 9e année pour détecter ce qui relève encore de la garantie, avant l’extinction des recours.

La marche à suivre pour un copropriétaire

Vous constatez des fissures dans votre immeuble ? La séquence efficace tient en quatre gestes : documenter (photos datées, localisation précise), signaler par écrit au syndic en demandant au besoin l’inscription à l’ordre du jour de l’AG, demander un diagnostic technique pour qualifier l’origine et l’urgence, et vérifier les couvertures (arrêté cat-nat en cours, âge de l’immeuble pour la décennale).

Entreprise générale, nous intervenons pour les copropriétés du diagnostic aux travaux : reprise de maçonnerie, traitement des fissures, renforcement de fondations et remise en état. Syndic, conseil syndical ou copropriétaire en Île-de-France, dans le Loiret ou l’Eure-et-Loir ? Contactez Arcey Construction : diagnostic et devis gratuits, présentables en assemblée générale.

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Questions fréquentes

Qui paie la réparation des fissures dans une copropriété ? +
Tout dépend de leur localisation. Les fissures des parties communes, gros œuvre, façades, murs porteurs, sont réparées aux frais de la copropriété, réparties entre copropriétaires selon les tantièmes. Les fissures limitées aux parties privatives (cloisons, plâtres intérieurs d'un lot) restent à la charge du copropriétaire concerné. Le règlement de copropriété fait foi en cas de doute.
Que faire si le syndic ne réagit pas face à des fissures ? +
Signalez les désordres par écrit (courrier recommandé) en demandant l'inscription du sujet à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Si le désordre menace la sécurité, le syndic a le devoir de faire réaliser les travaux conservatoires urgents sans attendre l'AG. En cas d'inaction persistante, la mise en demeure puis les recours juridiques restent possibles.
Les fissures de sécheresse en copropriété sont-elles indemnisables ? +
Oui, comme pour une maison : si la commune est reconnue en catastrophe naturelle et que le lien avec la sécheresse est établi, l'assurance de l'immeuble prend en charge les réparations des parties communes, après la franchise légale. C'est le syndic qui déclare le sinistre pour la copropriété, dans les délais de l'arrêté.
Un copropriétaire peut-il faire réparer seul une fissure de façade ? +
Non. La façade est une partie commune : les travaux qui la touchent relèvent de la copropriété, décidés en assemblée générale, sauf mesures conservatoires urgentes menées par le syndic. Un copropriétaire qui intervient seul sur les parties communes engage sa responsabilité.

Sources et références

Un projet ou un sinistre ?

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